Pour beaucoup de mes amis, mes gouts en matière de musique sont une aberration. C'est sur que d'avouer de but en blanc qu'on aime: celine dion, mariah carey, whitney houston ou encore les voix des 90's peut laisser perplexe. Mais au fond, tout cela n'est pas si different que d'aimer un groupe de rock pour son univers, un acteur pour sa sensibilité... Dans mon cas, les raisons sont justifiées par une nostalgie de mon enfance qui a été bercée par les gouts très féminins -et typiques de l'époque- de ma grand mère, ma tante et ma mère. Au delà de tout ça, j'ai réussi à développer des motifs plus personnels quant à mon attirance pour le répertoire de ces chanteuses. Avec vous je vais lever le voil sur chacune des d'incompréhensions musicales de ma tour à CD.
Volet N°1 ... Céline Dion
Contrairement à beaucoup de personnes qui médisent Celine Dion (je ne dis pas toutes, mais beaucoup), je connais la plupart de son répertoire et de son parcours. Et peu savent que Celine n'a pas toujours été la machine à pognon qu'elle est désormais, cette femme puante de bonheur qui ne touche plus terre et croit que tout lui est du. Celine n'est pas partie de grand chose. Socialement, premièrement, je ne vais pas vous resservir le couplet mille fois entendu de la cadette de 14 enfants, élevée sous un toit de chaume à Charlemagne, mais quand même... On ne peut pas franchement admettre que Dion partait avec matière à faire son interessante. Physiquement également, ce n'était pas un canon de la beauté (même pour les années 80, décénie de ses débuts, réputée pour son mauvais gout). Un nez épaté, des dents en travaux, une chevelure crêpue et un "teint olive", comme elle le dit, ne lui ont pas épargné les pires moqueries. Et au niveau du talent? Et bien c'est là qu'il faut se détromper car Céline est un bijou façonné, qui a acquis un véritable interet dans les 90's seulement. Au début de sa carrière, Céline a surtout surpris par son aplomb et sa maturité. Côté vocal, on l'a tout de suite comparé à Mireille Mathieu ce qui, entre nous, n'est pas la preuve d'un réel don du ciel.
C'est donc de là que vient mon admiration pour cette femme. Céline ne doit rien à personne et a longtemps pris considération de ses défauts pour les gommer un par un. Contrairement à beaucoup d'artistes, Celine a passé la première décennie de sa carrière en se considérant, selon moi, comme inaboutie. Ce qui fait que dans les plateaux TV de ses heures de gloires, elle trouvait encore à formuler des souhaits et se trouver des défauts. Chose que beaucoup de grandes stars ne font plus dès lors qu'elles ont été le centre d'un phénomène de société. Pendant les premières années de sa carrière, elle aura tenté de gommer l'image de l'adolescente ridicule qu'elle reflétait en tentant le tout pour le tout. On la voit se perdre gauchement sur des rythmes 80's, tâter timidement le monde anglophone sans susciter un grand soulèvement de foule. Mais elle y croit et va jusqu'au bout! C'est là que je regrette cette Céline qui se battait pour une cause non acquise et qui, quitte à chausser ses gros sabots de jeune première, fonçait dans le tas. Bélier par nature, la chanteuse n'a jamais reculé devant les obstacles et a franchi avec brio les échelons jusqu'à s'installer, aux alentours des années 93-95, au rang de star établie sur l'ensemble du globe (US y compris).
Mais, si il lui a fallu au total 10 ans pour se batir un style, un fond, une voix, un physique et une technique, il lui en faudra plus pour se trouver complètement. En effet, beaucoup de gens ont été et sont toujours étonnés par la capacité de Céline à se focaliser sur son travail. Simple trait de sa personnalité? Permettez moi d'en douter. Là où beaucoup se sont laissés bercer par les "je vais au bout de ma passion", "chanter c'est toute ma vie", je pense au contraire, voir une toute autre version qui se vérifie par la suite. Céline a vraisemblablement toujours comblé son manque de bonheur PERSONNEL (et non artistique) par une assiduité à toute épreuve. Et Dieu sait combien elle a ramé pour enfin accéder à la panoplie de la femme heureuse! Entre son amour qu'elle doit cacher aux yeux du monde et, par la suite, ses difficultés à procréer, Céline a toujours eu, jusqu'en 2000, une béquille constante qui lui rappelait que la boucle n'était pas bouclée et que, par conséquent, le travail n'avait aucune raison de passer au second plan. Durant cette longue période se sont enchainés ses plus grands records, ses meilleurs albums et surtout, ses meilleures preuves artistiques. Certes Céline n'a jamais été très profonde, mais comme toute personne, elle a eu une période où elle maîtrisait son art au maximum. Des prestations comme "My heart will go on" aux oscars, "Quand on a que l'amour" à Bercy 96, "The power of the dream" au Centre Molson la meme année sont là pour le prouver.
Puis est venu le temps du bonheur. Un bébé, des contrats publicitaires à a pelle et un engagement pharaonien avec le Caesar Palace plus tard, Céline a de quoi avoir le sourire. Mais qu'a-t-elle à proposer? Rien? Le constat serait un peu sévère, mais la vérité n'est pas beaucoup plus glorieuse. Consciente de la "chance exceptionnelle" dont elle jouit depuis quelques années, Céline a donc mis le travail en arrière plan pour profiter de ce dont elle a toujours rêvé: une famille, de l'argent et des chaussures. Résultat des courses: des prestations en play-back, des albums faciles, sans surprise, commerciaux pour séduire vite et bien. Mais ce que Céline ne sait pas, c'est l'image qu'elle a véhiculé durant toutes ces années de gloire. Une image à mille lieux de celle qu'elle tente d'étaler depuis son retour sur la scène en 2002. Sur-maquillée, digitalisée, presque chorégraphiée, Dion nous offre du visuel, du IN, du "dans l'ère du temps"... Quand on sait qu'Hilary Clinton a utilisé une de ses bandes sons ("You & I" ndlr) pour illustrer sa campagne électorale, on se doute que la chanteuse que tout le monde voit est une artiste familiale qui inspire des valeurs de sécurité, de tradition. De ce conflit entre réalité et opinion publique s'en suit une baisse considérable de ses ventes et de sa côte... Alors, doit on attendre la mort de René ou une catastrophe pour qu'elle reprenne sa "passion" au sérieux? Sachant que personne ne lui souhaite, la façon la plus simple pour tout le monde serait que cette "wonderwoman" apprenne à ne pas renier son premier amour.